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Rencontres avec les héros de la SNSM

Ils viennent d’univers sociaux et professionnels différents. Certains ont de l’expérience en mécanique, d’autres en voile ou en électronique… Mais tous se sont engagés bénévolement au sein de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer), par don de soi, pour l’aide à la personne… Tous ensemble, ils forment cette grande famille habillée en orange, prête à lâcher le quotidien pour rejoindre le ponton où les attend le navire de sauvetage. La SNSM de Baden intervient dans le golfe. Son homologue d’Arzon est compétente en baie de Quiberon et sur les îles de Houat et d’Hoëdic. Rencontre avec Dominique Samuel, président de la SNSM d’Arzon et Gilles Le Floc’h de la station de Baden.

Comment se déroule une intervention ? Quelles sont les différentes étapes ?

Dominique Samuel : L’alerte est donnée par le Cross Etel* qui gère la détresse en mer. Il a à sa disposition les bateaux alentours, les douanes, les affaires maritimes, la gendarmerie maritime et la SNSM. Environ 60 % des interventions sont faites par la SNSM. Quand l’alerte arrive au patron de la SNSM, celui-ci se met en rapport avec la personne qui demande l’assistance. Ils définissent ensemble l’intervention. Après, le patron envoie le signal aux bénévoles. Chaque station a un fonctionnement différent. À Arzon, les 20 bénévoles sont de garde tous les jours. On a un système d’alerte
via l’application mobile Woallen. Elle nous permet de savoir à tout moment quel équipage est disponible et de pouvoir contacter les gens rapidement.

C’est le patron qui décide de l’équipage, en fonction de l’intervention, de la météo, du type de détresse. Il se peut très bien que l’on parte à trois, quand il fait beau et qu’il n’y a qu’un bateau à remorquer… Mais s’il faut mettre le zodiac à l’eau, passer la remorque et évacuer des personnes, il faut
être minimum six.

* Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage

Sur quels types d’interventions fait-on appel à vous ?

Gilles Le Floc’h : Nos principales interventions sont pour la plupart liées à des problèmes mécaniques, c’est-à-dire une panne moteur ou d’essence, des avaries de voiles, des problèmes de gouvernail, etc. Les requérants peuvent aussi avoir des problèmes de santé : une personne qui tombe à
l’eau, qui fait un malaise à bord ou une noyade. Pour cela, nous sommes tous formés aux premiers secours. La station du Golfe du Morbihan fait
également les évacuations sanitaires sur l’Île-aux-Moines et l’Île d’Arz.

Pouvez-vous nous raconter une intervention qui vous a particulièrement marqué ?

Gilles Le Floc’h : Notre nouveau semi-rigide a eu un baptême du feu plutôt mémorable cet hiver lors de la tempête Alex. Notre équipage a été appelé dans le courant de la nuit au moment où la tempête soufflait au plus fort. Une personne était en difficulté sur son annexe alors qu’elle tentait de rejoindre son bateau entre l’île d’Irus et Arradon, une zone où le vent soufflait extrêmement fort, avec un effet Venturi qui accélérait ce mouvement. Le fait d’avoir un bateau puissant nous a permis d’aller assez vite sur zone et de rester manœuvrant par rapport aux conditions météo. On a pu hisser la personne à bord très rapidement. Elle était en hypothermie. On a regagné notre local où on a pu la réchauffer et la transmettre aux véhicules de secours des pompiers. Cette personne va très bien aujourd’hui. Dominique Samuel : Je me souviens d’un bateau échoué à Houat dans la nuit. Sa coque était fendue. On a dû mettre des motopompes en urgence et envoyer des plongeurs pour essayer de colmater la brèche. Pendant ce temps-là, il fallait gérer les personnes à bord : deux adultes et 11 enfants dont une petite qui a fait une crise de nerfs terrible. Il a fallu qu’on fasse intervenir une deuxième vedette de La Trinité sur- Mer pour nous venir en aide. C’était un énorme travail jusqu’au petit matin, très impressionnant !

Quelles recommandations pouvez-vous promulguer aux plaisanciers ?

Dominique Samuel : Il est dans un premier temps primordial de prendre la météo pour s’assurer d’une couverture correcte. Il faut aussi entretenir régulièrement son bateau, son moteur, ses voiles, etc. Et puis mettre une brassière ! On a maintenant des équipements autonomes, les VFI*. Ils sont peu encombrants et peuvent vraiment sauver des vies.

Gilles Le Floc’h : Et bien entendu, avant de partir et en revenant, on prévient son entourage. Ça évite les appels de la part de personnes inquiètes qui vont appeler le Cross inutilement.

* Vêtements de travail à flottabilité intégrée