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Embarquez à bord d'un bateau emblématique du Golfe du Morbihan

Dans le Golfe du Morbihan, l’art de se ressourcer se compose d’instants suspendus… ceux où l’on prend pleinement conscience de toute la poésie portée par la petite mer. Ce matin-là une lumière toute particulière irradie les voiles ocre de notre embarcation. Nous sommes à bord des « Trois Frères », majestueux sinagot, porte-étendard du Golfe du Morbihan. Robuste, stable et puissant, il cristallise ce que ses aficionados gréent haut : la conservation du patrimoine maritime et la mémoire des gens de mer.

 

« Les Trois Frères », « Joli Vent » et « Mab Er Guip » sont de sortie. Les trois sinagots (que l’on écrit parfois sinago, les deux orthographes sont acceptées) quittent Port Anna, à Séné et se dirigent vers le rocher du Moine qui veille sur les marins du golfe du bout de l’île de Boëdic. Il est alors d’usage de réciter la fameuse prière : « Doublant le Moine, il faut saluer, d’un coup de blanc, sans respirer. Bon vent, belle mer et bon courant, te porteront assurément ». Chacun trinque et boit cul sec un petit verre de blanc (ou autre breuvage, mais faisons honneur* au moine !) en guise de révérence à Saint- Antoine… par superstition surtout, et Dieu sait que l’on est superstitieux sur un bateau ! Quelques gouttes seront versées sur le pont du bateau, d’autres en mer pour rendre hommage aux disparus que l’on n’oublie jamais au sein de la communauté des gens de mer !

 

À la barre des « Trois Frères », Gérard Lucas, le président de l’association « Les Amis du Sinagot » supervise les manoeuvres pour hisser les voiles tout en gardant le cap. Le gréement de la chaloupe est constitué de deux voiles au tiers : une misaine à l’avant et un taillevent à l’arrière. Rapidement, les voiles ocre parent le voilier de ses plus beaux atours. Le voilà le seigneur du Golfe du Morbihan ! Il y règne en maître ! Incontestablement les sinagots font ici partie du décor. Ils sont sur toutes les cartes postales. À l’instar de l’Île aux Moines ou de l’Île d’Arz, des remparts de Vannes ou du château de Suscinio, que serait le golfe sans ses sinagots ?

 

DE LA PÊCHE À LA PLAISANCE

Ces bateaux traditionnels portent les noms des habitants de Séné. C’est dans ce village de pêcheurs, proche de Vannes, que l’on commence à les construire à partir de 1857 au chantier Martin à Kerdavid à Séné, et ensuite au chantier Querrien au Bono. Ils furent utilisés jusqu’en 1964 par les pêcheurs de Séné, pour la drague des huîtres et la pêche côtière dans le Golfe du Morbihan et en baie de Quiberon. Leur coque noire et leurs voiles ocre représentaient un de leurs signes distinctifs, à ne pas confondre avec les « Forbans » des pêcheurs rivaux du Bono !

« Ces bateaux rapides formaient une flottille qui connut son apogée dans les années 1910 où elle compta plus de cent cinquante unités. Chaque année une partie de ces bateaux participait à des régates dans le golfe », raconte Yann Régent.

Ce responsable des archives au sein de l’association a également mis en lumière le rôle particulièrement important joué par les femmes des marins. « Beaucoup de marins travaillaient en couple à bord. Les femmes aidaient aux manoeuvres. Elles travaillaient comme les hommes, pêchaient, transportaient poissons et coquillages pour aller les vendre sur les marchés locaux. On leur doit d’ailleurs la sauvegarde de la flottille au cours des deux grandes guerres ! Elles les ont entretenus, ont formé les jeunes matelots. Sans elles, les sinagots n’auraient pas survécu à l’absence des pêcheurs.»